· Julien PENASSOU · Retex  · 11 minutes de lecture

Le homelab de Julien, l'infrastructure

Rack, Proxmox cluster, Ceph,... Je détaille l’évolution complète de mon homelab, du matériel acheté sur Leboncoin jusqu’aux défis rencontrés en production.

Rack, Proxmox cluster, Ceph,... Je détaille l’évolution complète de mon homelab, du matériel acheté sur Leboncoin jusqu’aux défis rencontrés en production.

Introduction

Au départ, mon “homelab” n’était qu’un assemblage de machines récupérées au fil des opportunités. Un PC par-ci, un disque par-là sans réelle vision d’ensemble. Avec le temps, mes besoins ont évolué, le matériel s’est accumulé, et ce qui était un simple terrain de test est devenu une infrastructure mieux structurée.

Mon déménagement dans une maison a marqué un tournant décisif. J’ai eu plus de place ! C’est à ce moment-là que j’ai pris le temps de structurer mon installation : mise en place d’une baie, organisation du réseau, mise en place d’un cluster Proxmox et surtout une grosse réflexion sur le stockage de mes données (mise en place d’un NAS + cluster Ceph).

Dans cet article, je reviens sur cette progression, du bricolage initial à une infrastructure plus aboutie. Je détaille le matériel utilisé, majoritairement acheté d’occasion, les coûts réels, les choix techniques, mais aussi les problèmes rencontrés, notamment pour Ceph. L’objectif n’est pas de présenter une architecture parfaite, mais vous présenter mon retour d’expérience, avec ses réussites comme ses limites.

Un homelab, pourquoi faire ?

Un homelab permet avant tout d’expérimenter librement, de pouvoir tout casser pour mieux réparer, sans les contraintes d’un environnement de production. C’est un terrain de jeu idéal pour tester des technologies, comprendre en profondeur le fonctionnement d’une infrastructure, et monter en compétences sur des sujets comme la virtualisation, le réseau ou le stockage. Au-delà de l’aspect apprentissage, il permet aussi d’héberger ses propres services et de reprendre le contrôle sur ses données. En pratique, c’est souvent le moyen le plus efficace de passer de la théorie à quelque chose de concret avec, au passage, quelques erreurs qui font aussi partie de l’apprentissage.

Les erreurs que vous faites sur votre homelab seront des erreurs en moins en production !

Mes débuts dans le homelab

Les Raspberry Pi

logo Raspberry pi

J’ai commencé mon “homelab” il y a plusieurs années avec un Raspberry Pi 2B (environ 40€). À l’époque, l’objectif était simple : expérimenter. J’y ai hébergé mes premiers projets, parfois un peu ambitieux pour la machine : routeur Wi-Fi avec un dongle USB et un client VPN, serveur Minecraft, Recalbox pour le rétro-gaming, ou encore un serveur multimédia avec Kodi.

Malgré des performances limitées, ce Raspberry Pi m’a surtout permis de comprendre les bases : installation de services, gestion réseau, et premiers réflexes d’administration.

Peu de temps après, je suis passé sur un Raspberry Pi 3B+, légèrement plus puissant et surtout doté du Wi-Fi et du Bluetooth intégrés, pour seulement quelques euros de plus. Une évolution modeste, mais qui simplifiait déjà beaucoup l’usage au quotidien.

Un NAS

NAS QNAP TS-233

Rapidement, un besoin plus concret est apparu : le stockage. Notamment pour éviter de perdre mes photos et documents.

J’ai donc investi dans un NAS QNAP TS-233, accompagné de deux disques de 2 To en RAID 1, offrant 2 To de stockage redondé. Le NAS est encore aujourd’hui vendu aux alentours de 250€ neuf, hors disques.

Au-delà du simple stockage, ce type de solution permet également d’héberger des services : sauvegardes, multimédia, VPN, ou encore des applications via un App Store intégré. C’est une excellente porte d’entrée pour un homelab, surtout pour ceux qui ne veulent pas partir directement sur une infrastructure complexe.

Cela dit, avec un peu de bricolage, il est tout à fait possible de construire une solution plus économique et souvent plus performante à partir d’un ancien PC, notamment avec des outils comme TrueNAS.

Vieux PC

Pour aller plus loin et gagner en puissance, j’ai ensuite acheté un PC d’occasion pour environ 80€ (hors disques). La configuration était modeste : un processeur AMD Athlon X4 860K, 16 Go de RAM DDR3, auquel j’ai ajouté un SSD de 1 To et deux disques durs de 1 To.

J’y ai d’abord installé Proxmox afin de créer et gérer plusieurs machines virtuelles. Mais face aux limitations matérielles et avec l’envie de monter en compétences sur les orchestrateurs de conteneurs, j’ai finalement réorienté cette machine vers un serveur K3S.

Cette étape a marqué un vrai tournant : je ne me contentais plus d’héberger des services, je commençais à structurer mon infrastructure.

Déménagement et mise en place d’une baie

En septembre 2025, j’ai déménagé dans une maison. Ayant un peu plus de place, j’en ai profité pour installer une baie informatique afin d’y intégrer toute mon infrastructure.

Composition matérielle de la baie

J’ai décidé de chercher un maximum de matériel sur Leboncoin. C’est comme ça que j’ai trouvé ma baie informatique 24U 19”, à 20 minutes de voiture de chez moi, pour 100 €, avec 5 étagères et une multiprise à remplacer.

Baie informatique

Pour la compléter, j’ai acheté, en plus de mon matériel actuel :

  • Une multiprise 8 ports et 3 passes-câbles à balais (avec des câbles Ethernet Cat6 fournis) pour 25 €
  • Un switch Cisco 2960G 48 ports pour 50 €
  • Trois Lenovo Tiny M710q (CPU : i5-6500T, RAM : 8 Go, NVMe : 256 Go) pour 100 €, 65 € et 80 €
Baie informatique

J’ai choisi les Lenovo Tiny M710q car on en trouve beaucoup sur Leboncoin à des prix corrects. Ils ne sont pas trop énergivores, disposent d’un emplacement NVMe + HDD, de deux emplacements RAM et de CPU corrects.

Pour compléter le stockage de mes Lenovo Tiny, j’ai ajouté 3 SSD SATA de 1 To achetés sur Amazon (environ 135 € l’unité actuellement).

Brassage réseau

Pour relier ma baie à ma box, j’ai simplement fait tirer un câble entre les deux, et j’utilise le Wi-Fi pour les équipements situés ailleurs dans la maison.

N’étant pas un expert du câblage, je suis passé par un électricien pour plusieurs raisons :

  • gagner du temps
  • le câble devant traverser une partie de la maison, dont un mur porteur, je voulais quelque chose de propre
  • je ne dispose pas du matériel nécessaire et ne souhaitais pas investir pour un seul câble
  • ayant déjà fait appel à ses services, j’ai confiance en ses compétences

Tout le brassage réseau de la baie se fait actuellement via le switch Cisco. Tous les équipements sont sur le même réseau, je n’ai pas encore mis en place de VLAN, mais c’est envisagé.

Les VLAN (Virtual LAN) permettent de segmenter logiquement un réseau physique en plusieurs sous-réseaux virtuels indépendants. Concrètement, cela permet d’isoler certains équipements ou usages : par exemple séparer les machines du homelab, les objets connectés, les caméras ou encore le réseau invité. Cette segmentation apporte plusieurs avantages : une meilleure sécurité (un équipement compromis n’a pas accès à tout le réseau), une meilleure maîtrise du trafic, et une organisation plus propre de l’infrastructure. Dans un homelab, les VLAN deviennent rapidement utiles dès que le nombre de services et d’équipements augmente.

Cluster Proxmox

Avec mes trois Lenovo Tiny, j’ai mis en place un cluster Proxmox VE composé de 3 nœuds afin de garantir le quorum, c’est-à-dire disposer du nombre minimum de participants nécessaires pour que le système puisse prendre des décisions valides.

Proxmox VE est une plateforme de virtualisation open source qui permet de gérer des machines virtuelles (VM). Elle me permet d’expérimenter facilement de nouvelles applications et de structurer mon infrastructure.

Chaque nœud disposant d’un disque libre, j’ai souhaité mettre en place un stockage partagé. J’ai donc déployé un cluster Ceph (possible directement depuis l’interface Proxmox), me permettant d’assurer une certaine redondance des données et de mutualiser le stockage entre les différents nœuds Proxmox.

Cependant, j’ai rencontré un problème avec la configuration par défaut de Ceph. Lorsqu’un de mes disques est tombé en panne, j’ai perdu l’accès à mon stockage Ceph et donc à mes applications. Le cluster n’était plus en mesure de maintenir les 3 copies des données réparties sur des disques distincts.

Mon besoin n’étant pas critique (usage homelab), j’ai donc ajusté la configuration en réduisant le nombre de copies à 2. Désormais, je peux perdre un disque : le cluster émet un avertissement, mais le stockage reste accessible.

Sauvegardes

Pour disposer d’un minimum de sauvegardes externalisées pour mes machines virtuelles, j’ai décidé de réutiliser mon ancien PC, jusque-là dédié à K3S, en le convertissant en serveur de sauvegarde avec Proxmox Backup Server. Cette solution s’intègre nativement avec Proxmox VE et permet de mettre en place facilement des stratégies de sauvegarde automatisées.

J’ai ainsi configuré des sauvegardes journalières pour les machines virtuelles les plus importantes, avec une gestion de la rétention afin de conserver plusieurs versions dans le temps. Cela me permet de me prémunir contre les erreurs de manipulation, les corruptions de données ou encore les pannes matérielles côté cluster principal.

Même si cette machine reste modeste, elle remplit parfaitement son rôle dans un contexte de homelab. Elle est équipée de trois disques de 1 To : un dédié au système, et deux configurés en RAID 1 pour le stockage des sauvegardes. Le fait de disposer d’un serveur physique dédié permet déjà de limiter les risques de perte de données liés à une défaillance du cluster principal.

Cependant, cette solution ne suffit pas à elle seule pour garantir une protection complète des données. Elle nécessite d’être complétée par une véritable stratégie de sauvegarde, notamment en s’appuyant sur le principe du 3-2-1. Cette règle consiste à conserver au moins trois copies des données (les données originales + deux sauvegardes), sur deux supports différents (par exemple disques du cluster et serveur de sauvegarde), dont une copie externalisée hors site. L’objectif est de se protéger non seulement contre les pannes matérielles, mais aussi contre des incidents plus graves comme un incendie, un vol ou un dégât des eaux.

Dans ce contexte, cela peut se traduire par l’ajout d’une sauvegarde hebdomadaire (ou mensuelle) sur un disque externe, ainsi que par une réplication vers un autre lieu de confiance.

À ce stade, l’objectif n’est pas d’atteindre une haute disponibilité parfaite, mais de réduire drastiquement le risque de perte de données avec des moyens simples et maîtrisés.

Les axes d’améliorations

Même si mon homelab est aujourd’hui fonctionnel et relativement stable, plusieurs axes d’amélioration restent à explorer.

  • Ajout de RAM sur les noeuds Proxmox (même si les prix de la RAM ont explosés…).
  • Améliorer la stratégie de sauvegarde avec la mise en place d’une véritable externalisation automatique.
  • Ajout de disque dans le cluster Ceph.
  • Amélioration du monitoring pour prévenir la moindre panne sur mon infrastructure et gagner en visibilité et en résilience.
  • Mise en place de terraform et ansible pour le déploiement automatiques des machines virtuelles sur Proxmox.

Conclusion

Au fil du temps, mon homelab est passé d’un simple assemblage de machines à une infrastructure plus structurée, répondant à mes besoins tout en restant un terrain d’expérimentation. Chaque étape, du Raspberry Pi au cluster Proxmox avec Ceph, m’a permis d’apprendre, de faire des choix, mais aussi de me confronter à des limites bien réelles.

Avec le recul, il n’existe pas de configuration parfaite. Chaque solution est un compromis et c’est justement ce qui rend un homelab intéressant : la possibilité d’itérer, d’améliorer, et parfois de revenir en arrière pour faire mieux.

Un homelab n’est, par définition, jamais vraiment terminé. Les besoins évoluent, les technologies aussi, et il y aura toujours une optimisation à faire, un service à tester ou une architecture à repenser. C’est moins une finalité qu’un processus continu d’apprentissage et d’amélioration.

Dans la continuité de cet article, je reviendrai plus en détail sur certains aspects de mon homelab, notamment la présentation des services que j’héberge, les outils de monitoring que j’utilise, ainsi que les choix techniques associés.

Besoin d’aide pour créer / améliorer votre propre infrastructure ?

Au-delà de l’aspect personnel, ce homelab est aussi un véritable terrain d’expérimentation qui nourrit directement mes projets professionnels, notamment au sein d’AstioLab. Tester des architectures, comprendre leurs limites et résoudre des problématiques concrètes permet d’acquérir une expertise directement applicable en conditions réelles. Si vous avez des besoins autour de l’infrastructure, de la virtualisation ou de la mise en place de solutions adaptées à votre contexte, ces retours d’expérience sont justement ce qui nous permet de proposer des approches pragmatiques et éprouvées. N’hésitez pas à nous contacter pour en discuter.

Suivez-nous

Cet article vous a plu ?

Rejoignez-nous sur nos différents réseaux sociaux pour suivre notre actualité ! Nous y partageons nos nouveautés, nos réalisations, ainsi que des retours d’expérience sur les projets que nous menons au quotidien.

Vous pouvez également suivre notre blog via notre flux RSS, afin de ne manquer aucune publication. De nouveaux articles seront publiés régulièrement, avec pour objectif de vous présenter nos réalisations, de promouvoir les bonnes pratiques de l’ingénierie logicielle, et de décrypter l’actualité technique et numérique.

Retour au blog

Articles connexes

Voir tous les articles »
Les Tunnels SSH

Les Tunnels SSH

Libérez tout le potentiel de SSH pour créer des tunnels réseaux sécurisés !